Le marché du travail français connaît un tournant historique. Longtemps considéré comme un tabou, le salaire doit désormais sortir de l’ombre dès la phase de candidature. Cette évolution est dictée par la Directive Européenne 2023/970, qui doit être pleinement transposée en droit français d’ici le 7 juin 2026.
Ce que prévoit la loi pour les recruteurs
Désormais, la transparence n’est plus une option de « marque employeur », mais une obligation légale stricte :
- Affichage obligatoire : Les entreprises doivent indiquer le salaire de base ou une fourchette de rémunération réelle directement dans l’offre d’emploi ou, au plus tard, avant le premier entretien.
- Interdiction du passé salarial : Il est désormais interdit aux recruteurs de demander à un candidat son historique de rémunération. L’objectif est de payer le candidat pour la valeur du poste et ses compétences, et non en fonction de ses salaires précédents (souvent sources de perpétuation des inégalités).
- Droit à l’information : Tout candidat peut exiger de connaître les critères objectifs utilisés pour définir la rémunération du poste proposé.
Pourquoi c’est un séisme pour le recrutement ?
Pour les professionnels des RH, cette transparence modifie radicalement la donne :
- Efficacité accrue : Les offres mentionnant un salaire reçoivent en moyenne 31 % de candidatures supplémentaires. Cela permet de filtrer naturellement les candidats dont les attentes ne correspondent pas, évitant ainsi des processus de recrutement longs et infructueux.
- Justice salariale : En rendant les salaires publics, les entreprises sont contraintes de corriger les écarts inexpliqués (notamment entre les femmes et les hommes). Si un écart de plus de 5 % est constaté à poste égal sans justification objective, l’employeur doit engager des mesures de correction.
- Marque employeur : Dans un marché où les talents sont rares, la transparence est devenue un levier de confiance majeur. Les entreprises qui traînent des pieds risquent de voir leurs meilleurs profils partir vers des structures plus ouvertes.
Source : Adapté du rapport « Transparence des salaires 2026 : Le guide de conformité pour les entreprises » (CCI Paris Île-de-France & Portail de la Direction de l’Information Légale et Administrative, mise à jour janvier 2026).